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Métaphoresapprends chaque semaine

La notification fantôme

T'est-il déjà arrivé de sentir ton téléphone vibrer dans ta poche et, en le regardant, de ne rien trouver ? Ce n'est pas que toi : dans une étude de 2012, Michelle Drouin et son équipe ont découvert que jusqu'à 90% des étudiants interrogés avaient déjà ressenti cette vibration fantôme. Le cerveau, entraîné à attendre un signal, le « génère » même quand le téléphone est en silencieux, posé sur la table, ou même éteint.

Quelque chose de très semblable se produit avec les gens : quand ton système d'attachement est en alerte — par exemple avec un style d'attachement anxieux, tel que Mario Mikulincer et Phillip Shaver l'ont décrit pendant des décennies —, ton esprit scanne en permanence l'environnement à la recherche de signes que quelqu'un s'éloigne, s'est fâché ou va t'abandonner. Et parfois il les trouve là où ils n'existent pas : un message qui tarde à arriver devient un silence chargé de sous-entendus, un ton de voix neutre se lit comme de la froideur. C'est ton système d'alarme, hypervigilant, qui génère des notifications fantômes.

Cela ne veut pas dire que tu « inventes » tes émotions : l'alarme est réelle, c'est juste que parfois le signal qui la déclenche ne l'est pas. Savoir que ce schéma existe te donne une question utile avant de réagir : « ce que je remarque est-il un vrai signal, ou mon système vérifie-t-il le téléphone par précaution ? ». Tu ne le sauras pas toujours tout de suite, mais le simple fait de te poser la question baisse déjà un peu le volume de l'alarme.

✦ À emporter aujourd'hui

La prochaine fois que tu sens un signal d'alarme dans une relation, avant de réagir demande-toi : est-ce un vrai signal, ou mon système qui vérifie le téléphone par précaution ?

Source: Drouin et al., 2012; Mikulincer & Shaver, 2007